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Du cœur qui rompt serment

 

Ce n’est pas là l’amour, mais un souffle qui se meurt,

Un mirage sans chaleur, un appel sans lueur,

Car l’amour vrai s’élève, il éclaire et demeure,

Il ne trahit jamais l’abri secret du cœur,

Il ne laisse pas l’âme se perdre dans la poussière,

Ni marcher sans refuge sous un ciel sans lumière.


Et toi, en ce jour doux qu’on nomme Saint Valentin,

Ton esprit s’est tourné vers un ancien matin,

Un passé revenu sans bruit, sans lendemain,

Réveillant un souvenir au parfum clandestin,

Ranimant sous ta plume des mots presque éteints,

Que je voyais renaître au détour de tes mains.


Ce n’est même pas respect, mais l’ombre d’un détour,

Un voile trop fragile posé sur le jour,

Quand le geste chancelle et que vacille l’amour,

La vérité surgit sans masque et sans contour,

Le mensonge apparaît, dénudé de discours,

Et l’instant se fissure au bord de son retour.


Moi, mes yeux sur tes vers, témoins de ta pensée,

Je voyais ton passé lentement s’embraser,

Une date oubliée revenait s’imposer,

Silencieuse et tenace, impossible à chasser,

S’ancrant dans ton cœur avec trop d’insistance,

Comme une marée sourde défiant la distance.


Ce n’est pas moi le manque, ni la faute, ni la peine,

Mais l’errance d’un esprit captif de ses reflets,

Une clarté incertaine, une route trop humaine,

Un trouble intérieur que l’amour ne corrige jamais,

Car nul serment offert, nul cœur à portée de main,

Ne guérit ce qui doute de son propre chemin.


Peut-être une culpabilité murmurée en silence,

Ou la confusion d’un cœur en déséquivalence,

Un doute sans contour, une lente défaillance,

Une errance secrète au seuil de la conscience,

Qui fait trembler l’être au bord de ses pensées,

Là où l’on hésite encore entre rester et passer.


Mais moi, je marchais droit dans ma noble constance,

Porté par la droiture et la claire présence,

Tandis que tu suivais un souvenir insensé,

Et ton pas s’égarait dans ta propre distance,

Là où ton cœur blessé, jamais cicatrisé,

Rejouait ses blessures sous des noms déguisés.


Ainsi s’éteint parfois ce qui semblait promesse,

Non par manque de moi, mais par manque d’ivresse,

Par absence de soi, par défaut de sagesse,

Et de ce clair naufrage, sans cris ni détresse,

Naît une vérité que le temps seul exprime,

On ne perd jamais rien quand on aime sans abîme.

Copyright © Régan - François - La Plume de l'Âme Silencieuse 🪶


« Il est des cœurs qui réclament la lumière tout en se laissant happer par les ombres qu’ils n’ont jamais su affronter, avançant dans leurs propres brouillards, vacillant au premier souffle d’un souvenir, et révélant par leur incohérence, leur manque de clarté et cette confusion intime qu’ils traînent comme une faute silencieuse, que la trahison naît moins d’un geste soudain que de l’incapacité profonde à rester fidèles à ce qu’ils prétendent désirer. »

Citation  Régan - François - La Plume de l'Âme Silencieuse 🪶






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