Le dernier feu de septembre
Septembre a déposé sur les vitres du soir La cendre des clartés qui s’attardaient à boire, Et dans l’air assoupi, plus rien ne vient troubler Le lent recueillement des jardins délabrés. L’été, dans ses replis, conserve encore en lui Quelques braises de joie que le temps n’a pas enfouies, Tandis qu’au seuil des jours, avec une grâce austère, L’automne vient inscrire un autre nom sur la terre. J’écoute le silence où s’efface la saison, Il ressemble à ces mots restés sans déraison, À ces instants précieux que l’on garde en soi Quand le temps nous rappelle ce qui demeure en nous. La lune des moissons, dans son calme argenté, Pose sur les chemins une étrange clarté, Et je comprends soudain, dans cette heure sereine, Que les fins les plus douces ont parfois l’âme pleine. Je ne regrette plus les ardeurs de l’été, Ni les jours éclatants que le soleil prêtait, Car ce qui fut bonheur ne s’éteint pas tout à fait, Il change simplement de visage et d’effet. L’automne n’est pas l’ombre où la lumière...